0 Kangourous : retour aux origines


Après les Argonautes, je vais maintenant vous plonger dans l’histoire de l’autre plus vieux club du sud de la France. On va dire du « sud occitan » pour ne pas froisser les Centaures. Encore que ! Le débat est ouvert puisque, même si l’affiliation à la FFFA date de 1985, les statuts des Kangourous sont déposés dés 1984. 


L’histoire remonte même un an plutôt quand deux copains décident de créer une structure de football américain au sein du BEC (Bordeaux Etudiants Club). Tiens encore une équipe universitaire ! Leurs noms : Vincent Lagueyte et Fabrice Tribes. Le premier est féru de surf, le second un pratiquant de Base-ball depuis un an. La rencontre entre la culture australienne et la culture américaine, en somme. Mais c’est la culture australienne qui va s’imposer et c’est d’abord une bande de surfeurs en short qui vont répondre à l’appel des entraînements 2 fois par semaine sur le terrain des rugbymen, ébahis et moqueurs. C’est donc aussi fort logiquement que le nom de «Kangourous» est préféré à «Bacchus» (référence au vin) ou «Léopards d’Aquitaine». Voilà qui colle mieux à l’image australienne de nos pionniers surfeurs ! Les couleurs seront celle du BEC qui sont aussi celle de l’Aquitaine (rouge et or).


Un passage de nos deux fondateurs aux USA pour ramener du matos (ballons, maillots) et des commandes répétées chez Kick Off, commencent à donner de l’allure à cette bande de surfeurs en shorts bariolés. Le premier match de l’histoire à lieu en 1985 à Toulouse contre les Centurians (club disparu depuis). Le premier d’une longue série de rivalités avec les équipes toulousaines qui perdure encore aujourd’hui avec les Ours pour la suprématie du sud-ouest. Et une sévère branlée 85 à 00 ! ! La prise de conscience qu’il faut progresser en multipliant les rencontres contre d’autres équipes. Entre temps, le club hésite à s’affilier à la fédération AMERFOOT plutôt qu’à la FFFA mais choisit finalement la seconde (à l’époque, il y a deux fédés). C’est aussi l’époque du coach américain Fred Custer « qui se targuait d’être un descendant du célèbre général battu par les Indiens à Little Big Horn » se souviennent encore les joueurs de l’époque. D’où son surnom : Le Général. En fait, un professeur d’anglais qui a proposé ses services mais ne connaissait pas véritablement le football. Sa connaissance de la langue et sa culture US ont quand même été très précieuses pour décrypter les tactiques et progresser.

A droite, Fabrice TRIBES, un des deux fondateurs
Vont suivre 3 années de matchs amicaux pour apprendre le métier avec le soutien de quelques sponsors trouvés par un proche du club, employé à la BNP (cela aide à se faire un réseau). Oui mais voilà, sans matchs officiels, la motivation disparaît et le club perd un tiers de ses licenciés. Pour réagir, les dirigeants inscrivent le club en probatoire (équivalent D4) courant 89.

En 1990, c’est l’arrivée en division 3 et déjà une année historique pour le club qui atteint la finale. Excusez du peu ! Avec Fabrice Tribes en QB, les novices réussissent à mettre en échec des équipes déjà bien plus aguerries comme les terribles Bobcats de Pau (demi-finalistes de D3, l’année d’avant) ou les Barracudas de la Rochelle. Invaincus, les Kangs battent les Scorpions de Bron et les Cormorans (ancêtres des Templiers) en 1/2 finales et se retrouvent déjà à disputer le Casque de Bronze. La finale contre les Chevaliers d’Orléans laissera un goût amer avec une défaite 08-00 en prolongation (0-0 au terme du temps réglementaire) alors qu’un arbitre leur refuse un TD pour hors jeu. Qu’à cela ne tienne, l’histoire est en marche !

En 1991, les Kangourous s’offrent les services d’un coach anglais Gavin Hermann (le foot us anglais est un pleine bourre à cette époque) et continuent leur progression fulgurante en division 2 avec 5 victoires et un nul durant la saison régulière. Mais les Bordelais ont le malheur de croiser en ¼ de finale, les Fighters du Croissy dans un jour où tout leur réussi. Bilan une élimination sur un score sévère de 36 à 00. Petit lot de consolation sous forme d’anecdote : le club bordelais s’offre une invitation à un tournoi amical à proximité de Bergerac (à l’occasion d’un festival) commenté par Thierry Rolland « himself ». L’histoire se souvient d’un Thierry totalement éméché qui annonçait au micro, à titre d’exemple, le début du 3ième tiers-temps ! ! !


En 1992, c’est le retour d’un joueur cadre : Jean-Patrick Adamowitz, parti progressé aux Argonautes la saison précédente. Il prend le coaching en main et réalise la saison parfaite en poule avec aucune défaite. Les Kangs battent Cannes en 1/8e de finale et se retrouvent face aux Giants de Saint-Etienne pour un ¼ de finale qui restera dans les annales du club. Menés 12 à 07 à une minute de la fin, et des Stéphanois en possession de la balle, un défenseur aquitain chipe le ballon et remonte 80 yards. Mais le sort s’acharne avec une nouvelle défaite face à une équipe parisienne en demi-finales : les Korrigans. L’équipe se réconfortera en se disant qu’elle a été battue par le champion de la division, cette année là.

Côté structures, les choses avancent bien. Le club intègre le SPUC (Sportif Pessacais Union Club), une structure omnisports qui leur prend en charge tous les déplacements. A part la buvette, les licences et quels sponsors sporadiques, le club n’avait pas vraiment de ressources suffisantes. Fort de ce soutien, la saison 1993 rentre, elle aussi, à nouveau dans les annales du club avec un ticket en finale de division 2 face aux Météores de Fontenay. Et là, il faut que je vous parle de la malédiction. En effet, les Kangourous perdent à nouveau face à une équipe parisienne (et de justesse en plus : 09 à 00). Une malédiction qui se reproduira 18 ans plus tard face aux Molosses pour le titre de division 2. Les Kangourous n’arrivent pas à gagner un trophée face aux équipes parisiennes. Le seul titre gagné (celui de division 3 en 2008) sera face à une équipe de province : les Salamandres du Havre. Autant vous dire que la finale de cette année face aux Templiers aura un double enjeu : gagner un deuxième trophée mais surtout conjurer le sort…


Le reste de l’histoire des Kangourous après 1993, c’est celle d’un long glissement dans l’anonymat, passant de la division 1 à la division 3 pour ne plus jamais faire parler d’eux au niveau national. Comme leurs rivaux toulousains ! En réalité, c’est tout le foot us du sud-ouest qui va basculer dans un sommeil de presque 15 ans.

Le renouveau arrive avec l’installation du pôle espoir à Talence en 2007 qui permettra au club de profiter d’une synergie géographique. Un coup de booster qui fait revenir le club au premier plan pour frapper de nouveau à la porte de l’Elite en 2012. Un retour qui s’annonce beaucoup plus durable… mais cela c’est déjà une autre histoire qu’on vous contera l’an prochain.

Article de Belette

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